Le monde m’appelle

Le monde m’appelle

Je marchais sur mon fil, plongé dans mes rêves,
Je vivais loin du monde, entre la poésie et le rêve.
Tel un funambule, je planais à travers l’univers.

Et j’ai entendu le monde qui m’interpellait :
« Personne ne passera inaperçu !
Abstrait ou réel, tout le monde entrera en scène ! »

À moi d’inventer mes répliques au hasard.
Je cherchais mes phrases, des mots qui frappent,
Des bras qui se défendent, des rêves qui se lancent.

J’étais ce poète fait de souffle et de sang.
Dans un univers infini, le sablier parcourait mon temps.
Il se remettrait à jour pour un nouveau défi d’un autre genre.

À bras-le-corps, je me mesurais à ce monde immonde,
Entre le réel et virtuel, je n’étais qu’un simple passant,
Il jouait avec moi et moi, je rêvais mes rêves d’enfant.

Firouzeh Ephrème

Médecin ou boulanger

Médecin ou boulanger

Père, veux-tu que je sois médecin ou boulanger ?
Sois un homme, mon fils,
Le monde avance,
Il se moque de ce que l’on pense,
Il se moque de ce que l’on désire,
Boulanger ou médecin,
Cela n’a aucune importance,
Mais pour être un homme,
Il faut du courage,
Avance, et vis tes rêves,
Sois grand, rêve de la bonté,
Rêve de la droiture,
Sache rire et pleurer,
Vivre normalement,
Et tu pourras laisser ton empreinte,
C’est ainsi que le monde avance,
C’est ainsi qu’un homme doit vivre.

Firouzeh Ephreme

La voie lactée

La voix lactée

Ce soir, tels des anges, nous quitterons la terre,
Sur la voix lactée, en destination de l’univers.
Nous abandonnerons nos péchés mortels.
Nous prendrons le monde entier, l’homme et la bête.
Plus loin, nous tendrons la main à l’extraterrestre,
Sur le chemin, nous ferons un tour en enfer,
Et nous congédierons les hommes d’affaires.

Ça y est, tout monde est prêt, la terre est en paix,
Il ne manque que la fille de mes rêves.
Ne pense plus à la terre ni à ses péchés mortels,
Donne-moi la main, viens, mon amour éternel.
Là où nous irons, je te promets que la vie sera belle.
Tu entends l’extraterrestre qui me chuchote à l’oreille :
« La voix lactée est préparée en ton honneur. »

Ah ! d’ici, la terre est si belle, plus de frontières,
Finie la guerre, fini le mensonge, finie la misère,
Tu verras la reine du cosmos vivant à l’autre bout de l’univers,
Elle ne pèse que l’équivalent d’un grain de poussière,
Mais cela suffit au bonheur du monde entier.
Malgré sa richesse, la reine a un souci.
Lors d’une conquête, elle a perdu sa princesse,
Depuis, elle la cherche dans toute la galaxie.

Ah ! ma belle, mon grand amour, mon éternel sourire,
Je continuerai le voyage pour un dernier au revoir,
Mais tu peux fermer tes yeux, et rêver,
Libre désormais, tu peux t’envoler maintenant,
Plus rien n’a d’importance.
Toi et moi, l’extraterrestre et la reine du bonheur,
Tu seras la plus belle voyageuse de la voie lactée.

Firouzeh Ephreme

Au secours, au secours

Au secours

Au secours, au secours,
On a pillé mes voisins,
Au secours, au secours,
Ils étaient odieux envers les femmes,
Au secours, au secours
Ils ont tué les garçons de mes voisins
Au secours, au secours,
Ils ont vendu les filles pour des esclaves,
Au secours, au secours, je demande de l’aide,
Au secours, au secours, qui que vous soyez,
Une bête ou un humain,
Au secours, au secours,
S’il vous reste un peu d’amour, de fierté,
Au secours, au secours,
Je n’ai plus de souffle,
Au secours,
Mes voisins étaient des Kurdes, des Yazidis et des chrétiens.

Firouzeh Ephreme

Mon bel amour, mon tendre amour,

Mon tendre amour

Mon bel amour, mon tendre amour,
Ne pleure pas, je suis là.
Et si je le dois, je prendrai de l’avance,
En allant plus vite que les tourments,
Gaiement, comme les pas du bonheur,
Passionnément, comme les battements d’un cœur,
Tendrement, comme les bras de l’amour,
Je te protégerai contre tout, tous les jours.

Mon bel amour, mon tendre amour,
Sèche tes larmes, laisse le chagrin s’en aller,
Les soucis ne t’embêteront plus,
Ils ne viendront plus,
Ils ont perdu le chemin qui mène vers nous.

Mon bel amour, mon tendre amour,
Réfugie-toi dans mes bras,
Tu n’as qu’à penser à une vie douce,
Aux petits poissons rouges dans un bocal posé sur une table,
À la vue d’une fenêtre donnant sur un jardin,
Pense aux étoiles venues orner le ciel par une belle nuit d’été.

Mon bel amour, mon tendre amour,
Ne pleure plus, je suis là,
Viens te blottir contre moi, dans mes bras,
Ne t’inquiète plus, repose-toi maintenant,
Quant à moi, je ferai tout,
Je te défendrai contre tout.

Mon bel amour, mon tendre amour,
Je suis là,
Je te protégerai contre tout, tous les jours.

Firouzeh EPHREME