Octobre 2012

La paix

Norouz (en persan: نوروز ; en kurde: Newroz; en turc: Nevruz est la fête traditionnelle des peuples iraniens et turcs qui célèbrent le nouvel an du calendrier persan (premier jour du printemps)

Nowrouz ou Norouz

À ceux qui survivront après moi, dites que vous m’avez croisé. Dites que j’étais venue d’Iran. Dites que j’ai honoré le pays qui m’a vue naître. Dites que j’ai évoqué le nom de Lors, de Kurde, de Turc, de Turkmène, de Baloutche, et d’autres peuples de la terre des Aryens. Dites que je suis née dans une famille persane. Dites qu’avec joie, j’ai raconté mes beaux souvenirs d’enfance passés en famille au marché arménien à Ispahan. Dites que j’ai prononcé les noms de tous les hommes de foi quelque soit leur religion avec respect. Dites que nous partagions la même terre et la même histoire, assemblés avant tout sous le mot « humain ». Dites que nous fêtons Nowrouz *.  

Dites que sans avoir peur, j’ai dit que la guerre était absurde. Dites que celui qui lève la main sur une femme, un enfant, un homme est un monstre. Dites qu’aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne doit être menacé physiquement ou affecté dans sa dignité. Dites que la civilisation commence par le respect de tout homme, la protection des animaux et la préservation de la nature.

Dites que j’ai appris la plus grande leçon ma vie au sein de cercle familiale et sur le banc usé de mon école qui nous enseignait : « La bonne pensée, la bonne parole et la bonne action ». Dites que j’ai senti un souffle divin animer mon corps d’enfant. Dites que je les ai transmis à la génération suivante. Dites qu’en Perse, il existe un trésor :  « L’homme est amoureux. » Dites que l’envie de vivre est débordante, et que l’envie de savoir est un devoir. Comme il est difficile d’être persan ! Parvardegar **  en est témoin !

Dites qu’ici, loin des miens, j’ai vécu en mon âme et conscience. Dites que j’ai beaucoup travaillé. Dites que j’ai porté mon cœur et toutes mes forces au-delà de mes possibilités, en dépassant mes limites. Dites que lorsque mon cœur était triste, j’ai regardé le ciel, et que quand j’étais heureuse, j’ai songé aux miens, enveloppée d’un doux sentiment de bonheur. Dites que j’ai partagé la joie mais aussi la tristesse des miens et d’autres.

Dites que j’ai vu des atrocités commises par des hommes et la médiocrité, mais je n’étais pas la seule. Dites que l’homme n’est jamais assez sage ni assez grand. D’ici, à des milliers de kilomètres de chez moi, et selon l’apprentissage de mon enfance, je ne cherche que la paix. Dites à mes semblables que je les ai honorés. 

Firouzeh Ephrème

* Nowrouze ou Norouz : nouvel an iranien.

** Parvardegar : Seigneur.

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