À l’attention des élèves du lycée André Malraux de Montataire – Décembre 2010,

 

L’Amérique

 

Il était une fois, une vielle dame qui vivait dans une grande maison. Sans mener la grande vie, elle ne manquait de rien, sauf peut être quelqu’un avec qui elle aurait bien aimé discuter, rire et se confier. La vieille dame avait trois neveux qui vivaient en Amérique. Un jour, elle appela son notaire et lui demanda de venir la voir. Lors de leur rencontre, la vieille dame lui dit :

– Je voudrais que vous contactiez mes neveux. Si l’un d’entre eux voudrait bien vivre avec moi, ma foi, je lui offrirai toute mon hospitalité. J’ai un toit et un peu d’économie.

– C’est entendu ! répondit le notaire qui était un peu sourd d’oreille.

De retour à son bureau, il chargea son clerc de rédiger une lettre aux trois neveux tout en soulignant : « La vieille dame offre hospitalité à celui qui voudra bien lui tenir compagnie. Financièrement, elle mène correctement sa vie, vivant seule dans une belle demeure. »

Quelques heures plus tard dans l’après-midi, selon les indications de son supérieur, le jeune employé du clerc de notaire envoya une lettre aux trois neveux d’Amérique. Le courrier disait ceci : « Le notaire de votre tante vous informe que malgré sa fortune, la vieille dame se sent terriblement seule. Elle possède une vaste propriété, prête à vous héberger et si l’un d’entre vous peut vivre avec elle, il sera récompensé. »

Un mois plus tard, les trois neveux se présentèrent chez leur tante. Après des années difficiles, ils cherchaient une nouvelle vie. La maison de leur tante n’était pas aussi somptueuse qu’ils l’auraient imaginé mais après tout, il était connu que les personnes âgées vivaient dans leurs souvenirs. C’est pourquoi, tout était si vieux. Après leur première nuit agitée, chacun essaya de réfléchir à son avenir. Le lendemain, le premier des neveux, se mit à discuter gentiment avec la vieille dame en lui tenant la main. Le deuxième alla chez le boucher chercher un rôti et acheta des légumes pour préparer un délicieux repas. Le troisième, le plus jeune et le plus courageux des trois, demanda à la vieille dame de l’excuser car pour bâtir une nouvelle vie, il lui fallait absolument un travail. Il se disait qu’après toutes ces années difficiles, l’Amérique pouvait bien se trouver dans la région.

– Bonne chance mon neveu, répondit-elle.

– À ce soir.

– Je t’attends.

Le soir même, le plus jeune des frères avait réussi à trouver un travail. Certes, il n’était pas bien payé pour les tâches rudes et ingrates qu’il avait en charge mais finalement il était content d’avoir une rémunération. Réunis en buvant le thé, la vieille dame discuta avec les trois frères et leur parla de sa maison qui ne lui appartenait pas. Une semaine plus tard, les deux premiers neveux quittèrent l’endroit. Le plus jeune décida de rester tout en continuant à travailler avant d’être remercié brutalement.

« J’ai la tête dure ! » s’écria le jeune homme à son chef, peu compréhensif et sympathique.

Il ne pensait qu’à son éventuel départ vers d’autres horizons à la recherche d’une vie meilleure quand un jour et par un pur hasard, il retrouva un autre emploi. C’était une occasion inespérée ! Prenant son travail à bras, le corps, il avait pris l’habitude de raconter le soir venu ses aventures de la journée à la vieille dame. Quelques mois plus tard, il rencontra une jeune femme et la présenta à la vieille dame. Elle qui croyait ne plus connaître la joie d’avoir une famille n’éprouvait que du bonheur.

 

Fin

 

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