Le savoir est le pouvoir

A l’attention des élèves du lycée Adrienne Bolland, classe UPE2A et de leur professeur Madame Sandrine Neraud.

Bonjour,

Je tenais à vous remercier, ainsi que Sandrine Neraud. En cette belle saison d’été, vos lettres accompagnées des dessins avaient la fraîcheur du vent du large. Vous êtes des artistes ! Chacun de nous est cette parcelle de terre où l’enseignant est le jardinier et le savoir est l’eau versée. C’est à nous d’apprécier, d’enrichir et de prendre de soin de ce jardin. Il existe à travers le monde des individus qui laissent de belles empreintes sur leur passage. Ils façonnent le monde et nous interpellent sur les raisons et sur l’amour qui fait battre leur cœur !

Nous venons de différents endroits  dont nous gardons l’empreinte. Nous sommes à la fois la terre qui nous a vue naître et les gens qui nous ont marqués. Une fois n’est pas coutume, l’histoire que je vous envoie, n’est pas de moi. C’est mon père nous l’a racontée lorsque nous étions petits, à mes sœurs, mes frères et moi. A mon tour, Je l’ai raconté un jour à mes enfants, et je voulais vous la transmettre, car les bonnes histoires méritent un bon public. Merci !

Firouzeh Ephrème

Le sel

 

L'ânon était préssé de faire comme ses parents et d'aller travailler

L’ânon

Un petit âne et ses parents vivaient dans l’étable d’une ancienne ferme. Leur propriétaire était un marchand de sel. Ainsi, tous les matins, le maître conduisait les parents de l’âne, chargés de sel, en direction du bazar pour y vendre son produit.

– Je veux venir avec vous, réclama un jour l’ânon.

– Tu es encore petit, répondit son père. Patience. Ton tour viendra. En attendant, profite de ton enfance.

– Mais quand ?! se plaignit le petit âne. Je suis assez grand, et je veux faire comme vous. Je veux transporter du sel.

– Écoute, mon petit âne, ne précipite pas les choses. Il est dans ton intérêt de ne pas trop te montrer au maître, répéta sa mère. Grandis paisiblement.

Le petit âne observait ses parents, fatigués avant même d’avoir commencé la journée, et le soir venu, la situation n’était guère mieux. Visiblement, ses parents ne comprenaient rien.

« Pourquoi ne puis-je pas vivre comme les grands ? Qu’est-ce qu’il y a de mal à vivre comme eux ? » se demandait l’ânon.

Alors, il décida de prendre sa vie en main. Un soir, au retour de ses parents, il se précipita vers le maître en criant : « Hi han, hi han ! »

– Arrête, va te coucher avant de donner de mauvaises pensées au maître, dit l’ânesse. S’il te voit en pleine ferme, il t’enverra au sel.

– Mais c’est ce que je veux, répondit l’ânon avec un sourire béat.

– Gare à toi, tu ne sais pas ce qui t’attend ! prévint son père.

Mais l’ânon ne l’entendait pas de cette oreille. Alors, tous les soirs, avec un large sourire, il galopait vers le maître en criant : « Hi han, hi han ! » Et un soir, un sourire curieux se dessina sur les lèvres du maître !

Le lendemain, le petit âne commença son premier jour de travail. La bête était ravie, mais les autres animaux vivant dans les alentours ne comprenaient ni la démarche pressée de l’ânon ni son sourire fier, alors qu’il transportait un lourd chargement de sel. Alors le soir, ils interrogèrent le petit âne quand celui-ci fut de retour du bazar.

– D’où viens-tu ?

– Voyons, quelle question !  Du sel, évidemment, répondit le petit âne, heureux.

Quelques jours puis un mois passèrent, et peu à peu, le sourire de l’ânon disparaissait. Quand on lui demandait : « D’où viens-tu ? », c’était dans un murmure de lamentation que le petit âne répondait : « Du sel, du sel, et encore du sel. Ça n’en finit jamais. »

 

Fin

Firouzeh Ephrème

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