L’homme qui savait parler toutes les langues

Il était une fois un homme qui arriva dans une ville. Il était à bout de forces, il avait faim, il était à court d’argent, et ne savait où se procurer du travail. L’endroit où il était descendu était un port, où tous les gens venaient de tous les horizons. La ville était prospère et toutes les marchandises rendaient les habitants riches.
Au même moment, le gouverneur de la ville était en train d’accueillir des marchands étrangers. Cependant, à cause de la barrière de la langue, la discussion tournait au drame. L’homme dont nous parlions tout à l’heure, s’avança, et se mit à converser avec les marchands. Puis il se tourna vers le gouverneur, et dans un dialecte parfait, il dit :
– Il est heureux d’être là, et souhaite que l’échange soit fructueux. Ils sont allemands, ajouta-t-il.
Impressionné par ses prouesses linguistiques, le gouverneur se tourna vers lui :
– Parlez-vous couramment allemand ?
– Oui, répondit l’autre. Ainsi que l’anglais, le chinois, le perse, l’espagnol, plus quelques dialectes régionaux et encore ajoutons à cela quelques langue mortes, si vous me le permettez.
– Vraiment ? s’étonna le gouverneur.
– Oui, affirma l’homme.
– Et bien, que faites-vous là ? fit-il, en balayant du regard ses vêtements disgracieux.
– Je cherche un endroit où dormir et un travail pour manger.
– Etonnant, étonnant ! dit le gouverneur en titillant sa moustache courbée. Je ne comprends pas pourquoi, avec tant de connaissances, vous ne désirez que les choses rudimentaires de la vie ! Ne valez-vous pas mieux que ça ?
Après quelques échanges verbaux plus approfondis que ce que nous venons de vous conter, le gouverneur déclara qu’il offrait le poste d’interprète dont il avait besoin. Peu à peu, l’homme appris le commerce, les échanges de blés, de bananes, de noix, de dattes, d’épices… Il s’en trouva bientôt à sa tête.
C’était lui qui recevait les marchands venus de tous pays. Ayant des goûts raffinés, il commença aussi à s’intéresser à l’achat des étoffes coûteuses mais non moins magnifiques, de plumes venus d’oiseaux exotiques, de statues grecques et romaines, et autres. Il mit tout ceci sur le marché du port, mais les habitants n’en voyaient plus l’utilité, c’est comme cela que l’économie commença, au fil des mois, à s’effondrer.
Quelques temps après, l’homme dû quitter son poste, puis il quitta son logement, et enfin, quitta le pays. Il repartit comme il était venu.

Fin

Firouzeh Ephreme

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